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Introduction
Si l'approvisionnement en eau potable est satisfaisant dans les pays
développés où ne se posent même plus des problèmes
tels que le captage et l'acheminement des énormes volumes nécessaires
aux villes, il n'en est pas de même dans les pays en voie de développement.
Ainsi, en Haïti, les distances à parcourir à pied
pour avoir accès aux points d'eau sont de plusieurs kilomètres.
Le trajet quotidien demande parfois jusqu'à 3 heures par jour.
Ceci met en évidence un premier problème : la disponibilité
même de l'eau.
Ensuite, des relevés effectués en région de montagne
montrent que la consommation quotidienne d'un adulte est comprise entre
un litre et demi et quatre litres , tous besoins confondus (toilette,
boisson, etc.). Il se pose donc aussi un problème de quantité
d'eau disponible. Il faut enfin prendre en compte la qualité de
l'eau consommée. Bien que les eaux de surface (étangs, rivières)
soient abondantes dans beaucoup de parties du monde, elles ne sont généralement
pas aptes à la consommation. Outre les décès et les
maladies graves liées à l'absorption d'eau polluée,
celle-ci est à l'origine de parasitoses qui déterminent
un état de débilité de la population active.
Le problème de l'approvisionnement en eau des populations du
Tiers-Monde est donc triple : disponibilité, quantité et
qualité de l'eau. Or, plus de 97% de l'eau potable de notre planète
se trouve sous terre. Le problème du pompage de l'eau est donc
primordial.
D'où l'intérêt des Ateliers-Ecoles de Camp-perrin
pour la mise au point et la fabrication de matériel de fouille
de puits et de pompes.
2. L'eau et les puits
2.1.Les différents points d'approvisionnement en eau
D'après les différents points d'approvisionnement en eau
et leurs qualités respectives, on peut dire que l'on rencontre
quatre grands types d'eau que l'on peut décrire par un schéma.
a) eau saumâtre :
qui se rencontre fréquemment dans la zone côtière,
là où l'eau salée de l'océan parvient à
s'infiltrer dans la nappe d'eau. On en trouve parfois aussi dans certaines
zones de l'intérieur au sous-sol salé. Elle :
-contient une grande quantité de chlorures
-est très agressive pour les éléments métalliques
de pompes
-est potable ou non suivant le degré de salinisation.
b) eau de surface :
qui concerne les eaux de ruisseaux, rivières et étangs.
Elle :
-contient en suspension des minéraux (boue), des débris
végétaux et des éléments bactériens
-est généralement de très mauvaise qualité
sanitaire.
c) eau de sous-sol :
qui concerne les sources naturelles ainsi que les puits fouillés.
Elle :
-a été filtrée en traversant les couches de sables
et de graviers du sous-sol
-s'est chargée d'éléments minéraux nécessaires
à l'organisme humain
-est de très bonne qualité bactériologique, grâce
à l'absence d'oxygène libre.
d) eau de pluie :
qui, lors des averses, est collectée sur les toitures en tôle
ou sur les glacis. De simples précautions (blanchiment de glacis
à la chaux, nettoyage des gouttières et des toits) en augmentent
la qualité. Elle constitue souvent l'unique source d'eau de régions
situées en altitude et dépourvues de nappes phréatiques
proches de la surface.
Besoins et utilisations de l'eau
Les besoins en eau peuvent être classés en trois catégories
: alimentation humaine, alimentation du bétail, besoins des végétaux.
a) alimentation humaine :
On évalue les besoins entre 20 et 30 litres par personne et par
jour d'une eau de bonne qualité servant pour la boisson, la cuisine
et la toilette.
Seule l'eau du sous-sol convient très bien à cet usage et
présente une garantie face aux maladies véhiculées
par l'eau polluée (troubles intestinaux, diarrhées, etc.).
b) alimentation du bétail :
Les besoins quotidiens moyens sont de 50 litres d'eau pour les grands
animaux (buf, cheval), 15 litres pour les porcs et 5 litres pour
les cabris. Les animaux s'accommodent des eaux de surface et même
des eaux saumâtres.
c) besoins des végétaux :
A petite échelle, il s'agit de l'arrosage de petits jardins (6
litres/jour par mètre carré). Dès que les besoins
sont plus importants, on entre dans le domaine de l'irrigation qui n'est
pas de notre propos ici.
Conclusion :
En toute priorité, il s'agit de fournir une eau potable et en quantité
suffisante pour l'alimentation humaine. Notre étude portera donc
sur les eaux du sous-sol de bonne qualité. Nous laisserons de côté
les sources et leurs captages ainsi que la récupération
des eaux de pluies (impluviums), sujets qui ont déjà été
traités en abondance par l'équipe de Madian-Salagnac (voir
liste ouvrages consultés).
Dans le cadre du développement rural en Haïti, il est utile
que le problème de l'approvisionnement en eau soit bien compris.
Contrairement à une opinion couramment admise, l'intégration
sociale, l'approche culturelle correcte ou l'apprentissage de l'utilisation
adéquate du moyen d'exhaure ne constituent pas les obstacles majeurs
à un programme de fouille de puits et d'installation de pompes.
Il s'agit plutôt d'apporter des solutions techniquement valables
à un problème dont les paramètres sont connus : utilisation
communautaire intensive de pompe par une population dont la densité
peut atteindre 500 habitants au kilomètre carré.
Deux réponses peuvent être apportées. D'abord la
multiplication des points d'approvisionnement en eau (captage de sources,
citernes, impluvims, puits, etc). Ensuite un moyen d'exhaure qui :
- correspond bien au niveau technologique des artisans du pays afin d'assurer
la fabrication et la réparation sur place (donc RUSTIQUE)
- offre une fiabilité maximale, critère déterminant
dans le choix d'une pompe, afin de limiter au minimum les interventions
pour l'entretien ou la réparation (donc ROBUSTE)
Référence: De l'eau, des puits et des pompes. Problèmes
de l'alimentation en eau des populations rurales en Haïti. Par Michel
Taquet
Les Ateliers-Ecoles de Camp-Perrin, Ministère des Affaires Sociales,
Association Française des Volontaires du Progrès Septembre
1986
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